Mairie de Demouville : lugand

Patrimoine et histoire, pour en savoir plus

Le CDRE (Cercle Demouvillais de Recherches et d’Etudes) est une association créée en 1993 pour étudier l’histoire de la commune. Des expositions permettent de faire connaître au public intéressé le résultat de ces recherches

Comme dans de nombreux sites de la plaine de Caen, Demouville conserve dans son sous-sol des traces anciennes de l’occupation humaine. Silex taillés et vestiges d’habitations de l’âge de bronze et de l’âge de fer. Des fragments de chemins gallo romains, puis de sépultures du Haut Moyen âge attestent la continuité de la présence d’une population dans cette zone.

La naissance du « village » aurait pour origine l’implantation, vers le Xe siècle de Domold (ou Dormwald) dont le nom évoque l’origine nordique de l’immigration viking. Domoldvilla, la maison de Domold, deviendra Demouville.

Ce village sera suffisamment important pour construire au XIIIe siècle une église, simple bâtiment rectangulaire qui constitue la nef actuelle. Ce monument qui représente la patrimoine le plus ancien et le plus précieux de la commune, est agrandi au XIVe siècle et doté d’un massif clocher carré.

La seigneurie de Demouville est détenue, depuis au moins le XVIe siècle par une famille BENARD, de petite noblesse.
Au cours du XVIIe et surtout du XVIIIe siècle, l’actualité de Demouville se partage entre l’agriculture et les métiers du bâtiment : maçons, tailleurs de pierre, charpentiers et couvreurs. Un boulanger, un forgeron, un ou deux aubergistes cabaretiers complètent ainsi l’organisation du village.

Au début du XVIIIe siècle l’alliance des Bénard avec une famille BONNET voit le partage de la seigneurie qui, à la fin du siècle ne sera plus revendiquée que mas les Bonnet.
Cette période est celle d’une certaine prospérité, comme dans toute la région. On construit, ou reconstruit beaucoup de maisons. Le gros œuvre de l’église n’est pas modifié mais reçoit alors une décoration particulièrement somptueuse.
Tout d’abord, un porche monumental à fronton sur la façade ouest. A l’intérieur, deux confessionnaux finement sculptés ; le chœur, très profond est garni de boiseries, de grilles de ferronnerie et d’un lutrin, également en fer forgé. Un grand autel surmonté d’un baldaquin à colonnes monte jusqu’aux voûtes. Il est décoré des statuts de la Vierge et de Saint Joseph adorant l’Enfant Jésus, analogues à celles qui se trouvent dans l’église de la Gloriette à Caen.
Aucun document ne permet de confirmer l’hypothèse qu’il provient de l’abbaye de Troarn, comme le tableau de Taddeo Zuccharo (XVIe siècle) représentant la mise au tombeau du Christ.

A la Révolution, le village doit s’adapter aux exigences des gouvernements successifs. Les Bonnet s’engagent nettement pour la République et dirigent la commune. Les Formage (qui ont hérité, par mariage, des propriétés Bénard) conservateurs restent discrets.
Un bourgeois de Caen, Bon –Emile Planquette, enrichi dans l’industrie de la teinturerie, avait, dès 1787, acheté des terres à Demouville et il continua à agrandir son domaine dans les années suivantes. C’est lui qui fit bâtir, vers 1800, le « château », alors simple maison de maître à un seul étage.

Sous la Restauration, les Bonnet vendent leurs dernières terres et quittent Demouville. Nicolas Goujou de Saint Thomas, qui a épousé une fille Formage, devient maire.
Jusque vers 1850, l’activité agricole est importante, secondée toujours par celle du bâtiment. La population atteint 500 habitants. L’église, trop petite pour les jours de fête, est agrandie de deux travées supplémentaires du bas-côté.

Mais la crise agricole de la seconde moitié du siècle atteint Demouville, les jeunes sont obligés de quitter le village pour trouver des emplois dans les industries naissantes. L’obtention de la ligne de chemin de fer Caen-Dozulé, ouverte en 1881 permet cependant de soutenir l’exportation des produits agricoles, malgré l’éloignement de la halte qui avait été placée, après bien des discussions, à Giberville. Ce n’est qu’après de longs efforts, que Demouville obtient sa gare en 1897. il y a alors moins de 400 habitants.
Malgré ces difficultés, les municipalités successives font de gros efforts (et de sacrifices) pour bâtir l’école en 1863, bien avant que l’enseignement soit obligatoire et payer l’indemnité de scolarité à la place des familles nécessiteuses. Avec l’achat en 1867 d’une maison, agrandie d’une salle de classe en 1874, l’enseignement des filles est aussi réalisé.
Un lavoir, alimenté par une pompe, est installé au centre du village, pour faciliter les lessives familiales.

L’implantation de la SNM (qui deviendra plus tard SMN) à Colombelles permettra la reconversion de la commune. Mais, ouverte à la veille de la guerre de 1914, connaissant de grosses difficultés ensuite, ce n’est que peu à peu qu’elle fournira des emplois. Dans l’entre deux guerres, Demouville accueille aussi des travailleurs étrangers et s’ouvre à des cultures différentes.
Dès 1920, la municipalité s’intéresse à la proximité de la ligne électrique reliant Caen à Colombelles et arrive à électrifier le village dès 1922 -23, bien avant les grands plans nationaux. Une modernisation se met en marche, stoppée par la guerre de 1939.

Juillet 1944 fut un mois terrible. Au cours de deux opérations, 80% des maisons de Demouville furent détruites ou endommagées. En particulier la rue de l’église, à l’habitat très dense est entièrement dévastée. Le chœur de l’église est épargné mais la toiture de la nef s’est effondrée. Les Demouvillais se serrent (souvent une seule pièce par famille) dans ce qui est encore debout, comme le château celui-ci, surélevé dans la seconde moitié du XIXe siècle est depuis 1874 la propriété des David qui avaient un grand magasin de vêtements à Caen. Il est actuellement devenu un Institut Médico-Professionnel.

La reconstruction sera l’occasion de mettre en place un nouvel urbanisme plus aéré et adapté à l’habitat résiduel : rues plus larges, agrandissement de la place de la Mairie sur les rues du Centre et du Château où se trouvent les commerces.

Puis, à partir des années 60, Demouville connaît une expansion régulière due à sa proximité de Caen. Deux exploitations maintiennent encore une activité agricole, tandis qu’une zone industrielle se développe le long de la route de Rouen.
Jacques Lugand

Mairie de Démouville rue du Château 14840 DEMOUVILLE - 02 31 72 37 27 - Copyright développement, hébergement, ehoui.com